Chefs en vue : Antoine Gandon, le rêveur raisonnable

Publié par Rédaction Gault&Millau , le 14 août 2014

C’est exactement le type de garçon prudent, qui est capable de prendre des risques sur un coup de cœur. En ce moment, il est en état de grâce. Il voulait ouvrir un restaurant dans le Sud et voilà qu’il obtient en avril la dotation Gault&Millau d’environ 25 000 euros en matériel et matières premières et hop, en mai, il trouve une affaire à reprendre.

Du genre à ne pas rater. Dans la zone piétonne et commerciale de Nice, à deux pas de la mer. Et ce garçon à l’allure un peu timide, qui cherche ses mots pour transmettre l’idée juste, soudain s’anime et sa parole se fait plus aisée, à l’évocation de son futur rôle de patron. « J’ai ce projet depuis trois ans. Je voudrais avoir un restaurant qui ne soit pas saisonnier mais avec une clientèle d’habitués. Je proposerai au début des plats simples, bien cuisinés avec des produits, locaux, ici, il y a tout ce qu’il faut. » Le jeune home de 30 ans adore travailler les épices, l’huile d’olive, les tomates, le poisson. Normal pour un Niçois, mais il ajoutera à cette cuisine méditerranéenne «  de petites touches asiatiques que j’ai apprises à Vancouver. »

Il cuisine de race, pense-t-on, puisque son père est le chef du Majestic à Cannes. Il a bien garde de renier la filiation mais affirme : « J’ai l’intention de me faire un nom, d’avoir un resto connu et reconnu.» Puis, comme s’il se repentait d’avoir laissé déborder ses rêves, il reprend prudent, d’une voix égale : « L’évolution de ma table sera sans doute lente, j’avancerai étape par étape, je n’ai pas envie de me précipiter. On n’est pas obligé de proposer du gastro pour se faire plaisir », raconte-t-il. Ni pour faire plaisir aux autres, d’ailleurs.

Tracé de route

Naissance en 1984 

A Monaco chez Joël Robuchon

A Courchevel, au Cheval Blanc,

Au Meurice, à Paris, avec Yannick Alléno

Chez Daniel Boulud à New York

A Vancouver