Les éternels partisans du "c'était mieux avant" vous reparleront du Simon Scott de Saint-Avit, qui n'a pourtant pas vendu son âme en s'installant en ville. Certes, il est davantage attendu et guetté dans ce beau décor contemporain s'intégrant parfaitement à la salle voûtée à pierres apparentes, mais sa patte en cuisine est l'évidence intacte même si, ça et là, on a l'impression que tout est un peu plus calculé et pesé. Car il est évident que produire du trois toques tous les jours, dans des menus serrés, voire étranglés, tient de la gageure et d'une vigilance de chaque instant. Les petites quenelles de foie gras de canard chutney de potiron, les saint-jacques marinées sur un marbré de chou-fleur et palourdes espuma de silène enflée ou le filet de boeuf cuit à basse température légumes de chez Yannick Régis asperges et mousseline de céleri rave appartiennent bien à ce registre élevé qui distingue un chef. Beaux desserts d'imagination (sphère de chocolat noir aux agrumes hibiscus au siphon), cave de bonnes références (Cotat, Graillot, Gauby) et sélection gaillacoise, service impeccable sous la baguette de Marie-Hélène Scott.