Montagne-Saint-Emilion (Bordeaux)

De la qualité qui sait vieillir…

Sur la rive droite de la Garonne et au nord, nord est de la prestigieuse colline de Saint Emilion s’étire sur 1600 hectares les belles courbes vallonnées de l’appellation Montagne Saint Emilion. 

Cépages
Ils suivent, comme un peu partout, la mode de la progression du merlot flatteur et séducteur. 80 % de l’appellation. Mais l’assemblage parfois avec du cabernet franc et plus anecdotiquement du cabernet sauvignon voire du malbec permet d’enrichir la complexité et ajoute une certaine finesse, de la fraîcheur et une belle structure.

L’appellation fut tentée par un regroupement avec d’autres satellites de Saint Emilion pour finir par se retirer de ce projet et affirmer son identité propre. Aujourd’hui elle entame, conjointement avec Lalande de Pomerol, des démarches pour obtenir une hiérarchisation de crus. Démarches que l’on peut prendre au sérieux au regard de la qualité d’une partie sa topographie que l’on peut scinder en au moins deux secteurs.  
L’un de coteaux argilo calcaire produisant des vins de plus grande garde (8-15 ans) et l’autre plus « plat » alluvionnaire ou sableux offrant des vins plus rapidement prêt à boire (jusqu’à 7, 8 ans). Pour obtenir cette « promotion » il lui faudra bien délimiter ses secteurs qualitatifs, limiter notablement ses rendements et rechercher systématiquement une plus grande maturité voire ce qui resterait une très belle avancée d’exigence, imposer les vendanges manuelles. 
Montagne peut se targuer de vins de grande qualité capables de traverser le temps. Il reste que le climat océanique consiste surtout dans le caractère capricieux de la pluviométrie et le risque de pluie durant la période des vendanges qui se situe de la mi septembre au début novembre. 

Mariage d’amour 
On appréciera bien sûr la personnalité des Montagne saint Emilion dans les mariages classiques tels l’entrecôte ou le canard, ou plus traditionnels avec de la lamproie à la bordelaise. A essayer avec des vins plus âgés des plats à base de truffe ou encore du gibier à poils. Entre copain avec une fondue « bordelaise » en remplaçant l’huile par du vin que l’on peut épicer à volonté et accompagner de diverses sauces des pommes rissolées et une poignée de cèpes. Un plat convivial très digeste à servir avec un vin jeune 

Les derniers millésimes : 
2008 semble très bien se présenter avec une belle matière 
2006 est une petite merveille un classique qui rappelle le 2001 que l’on redécouvre aujourd’hui et qui fut tant décrié à tort. 
fruitée, de la fraîcheur, des vins friands et bien constitués chez les meilleurs. 
2007 reste pour le moment austère avec de la fraîcheur tout en tension. 
2005 : fruit, densité, richesse et puissance racée avec du volume en bouche. 
2004 : millésime considéré comme tannique et « dur » commence à se livrer en gardant son style austère mais non sans apporter du plaisir aujourd’hui.




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