Un cru au goût incomparable
Surplombant le Rhône, les Côtes-Rôties sont habillées par un épais manteau dentelé de vignes. Les coteaux abrupts ont imposé aux hommes une culture en terrasses, où la reine syrah magnifie le terroir. Les crus de Côte-Rôtie comptent parmi les plus prestigieux des Côtes-du-rhône.
Cépages
Longtemps considérée comme orientale, la syrah a été l’objet de nombreuses études qui ont démontré son origine rhodanienne. Présente dans l’ensemble du vignoble des Côtes-du-rhône, en Côte-Rôtie, où on l’appelle « serine », elle donne des vins rouges corsés, racés et à la robe profonde. Cinq à douze années sont nécessaires à son épanouissement. Produisant des vins d'exception, la Côte-Rôtie est la seule appellation des Côtes-du-rhône nord autorisée à ajouter du viognier (maximum 20%), cépage blanc, à la syrah, afin d’accentuer la finesse de ses vins.
Sols
Les terroirs des Côtes-Rôties trouvent leur origine dans la fracture du Massif central, qui a donné naissance à la plaine du Rhône. La roche-mère est composée de roches issues des différentes éruptions volcaniques. En surface, des terroirs divers cohabitent sur les coteaux, qui sont regroupés en deux entités. La Côte-Blonde est composée d’un sous-sol à dominante calcaire, ce qui explique la finesse des vins qui y sont produits. Considérés comme plus masculins, les vins de la Côte-Brune sont issus de sols argileux-schisteux de couleur sombre.
Situé à moins de 40 km au sud de Lyon, le vignoble de Côte-Rôtie est implanté le long de la rive droite du Rhône, sur le coteau qui interrompt l’avancée du Massif Central. Il constitue une bande de presque huit kilomètres de long sur moins de 500 mètres. Au fil des siècles les hommes ont sculpté des paysages viticoles inimitables, avec ces centaines d’hectares de vignes plantées en terrasses. Le vignoble est réparti entre les communes d’Ampuis, Tupin-Semons et Saint-Cyr, sur plus de 230 hectares, contre 180 hectares il y a encore une douzaine d'années, et une petite soixantaine d'hectares seulement à la fin des années 50. Les vins de Vienne étaient déjà réputés à la cour de Rome ; ce vignoble est certainement l’un des plus anciens de la Vallée du Rhône.
La Brune et la Blonde
Les différents terroirs des Côtes-Rôties sont divisés en deux entités : la Côte-Brune et la Côte-Blonde. Une légende tenace raconte que le seigneur de Maugiron, qui avait deux filles, une blonde et une brune, légua une "Côte" à chacune. Ainsi naquirent les noms de Côte-Brune et de Côte-Blonde (voir encadré). Les vins issus de terroirs apparentés à la Côte-Brune, riches en argile, expriment des arômes de fruits mûrs, voire des arômes de fruits cuits, de pruneau et de sous-bois. En bouche, ils sont plus structurés et riches que ceux de la Côte-Blonde. Les lieux-dits les plus réputés de cette côte sont La Turque et La Landonne. Les vins issus des terroirs riches en silice apparentés à la Côte-Blonde sont d’une grande complexité aromatique avec des notes florales et empyreumatiques. Sur cette côte, le lieu-dit La Mouline, en forme d’amphithéâtre, profite d’un microclimat remarquable et produit des vins exceptionnels. Ils s’allient à merveille aux cuisines fines et raffinées, avec une prédilection pour les viandes marinées, comme la gigue de chevreuil grand veneur. La dégustation d'un Côte-Rôtie reste un moment toujours rare et recherché.